Dernière mise à jour : juillet 2026
Permis de feu en ERP (restaurant, commerce, hôtel)
Faire souder un conduit dans la cuisine d'un restaurant, meuler une devanture de commerce, brasser une canalisation dans un couloir d'hôtel : ce sont des travaux par point chaud dans un établissement recevant du public. Deux choses les rendent particuliers. Il y a du monde à proximité, et le bâtiment est équipé d'un système de sécurité incendie que la soudure va faire sonner. Le permis de feu doit tenir compte des deux. Voici ce que l'exploitant et l'entreprise doivent y acter.
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Public à protéger
Le public ne doit jamais se trouver dans la zone à risque, et les dégagements et sorties de secours restent libres. C'est pourquoi tant d'interventions se font hors des heures d'ouverture.
Le SSI qui sonne
La fumée de soudure et les poussières de meulage déclenchent la détection incendie. On isole la zone concernée, on l'acte, et surtout on la réarme à la fin. L'oubli de réarmement est l'accident classique.
Deux signatures qui comptent
L'exploitant de l'ERP autorise et connaît le bâtiment. L'entreprise extérieure rédige et exécute. Sans la signature de l'exploitant, chef d'établissement au sens du permis, le document ne vaut rien.
Pourquoi un permis de feu est exigé dans un ERP
L'obligation vient de trois textes qui se cumulent sur ce type de chantier.
Le Code du travail d'abord. Dès qu'une entreprise extérieure intervient chez un donneur d'ordre, l'article R.4512-6 impose un plan de prévention écrit, et l'arrêté du 19 mars 1993 range les travaux « avec source de chaleur ou d'ignition » parmi les travaux dangereux qui l'exigent. Le permis de feu est la traduction opérationnelle de ce plan pour les points chauds. L'article R.4227-1 impose par ailleurs de prévenir le risque d'incendie.
Le règlement de sécurité ERP ensuite. L'arrêté du 25 juin 1980 impose à l'exploitant de maintenir en permanence les conditions de sécurité de son établissement, y compris pendant des travaux. Concrètement, l'exploitant ne peut pas laisser une entreprise dégrader l'évacuation, neutraliser la détection sans contrôle ou encombrer une sortie de secours. Le permis de feu est l'outil qui trace ces précautions.
L'assurance enfin. Le permis de feu fait partie des exigences de base des assureurs, formalisées par le référentiel du CNPP (règle APSAD R6). Après un sinistre dans un commerce ou un restaurant, un permis manquant ouvre la porte à une réduction ou un refus d'indemnisation, en plus de la mise en cause pénale du chef d'établissement.
Restaurant, magasin, hôtel : le type d'ERP ne change pas le principe
Les ERP sont classés par type (une lettre selon l'activité) et par catégorie (1 à 5 selon l'effectif reçu). Ce classement pilote les obligations générales de sécurité, pas le principe du permis de feu, qui s'applique dès qu'il y a un point chaud. Les cas les plus fréquents côté petits établissements :
- Type N — restaurants et débits de boissons : soudure d'une hotte ou d'un conduit d'extraction, découpe d'un plan de travail inox, brasage d'un circuit de plonge. La cuisine concentre les graisses et les gaines, c'est le point sensible.
- Type M — magasins et centres commerciaux : meulage ou soudure d'une devanture, d'un rideau métallique, d'une structure de gondole, souvent au milieu de stocks d'emballages très inflammables.
- Type O — hôtels : reprise de canalisations dans les gaines techniques et couloirs, travaux de nuit avec des clients qui dorment aux étages. La contrainte d'évacuation est ici maximale.
Une supérette, une boulangerie ou un salon de coiffure de 5e catégorie reste dans le champ : petit établissement ne veut pas dire dispense de permis de feu.
Le piège numéro un : le SSI neutralisé et jamais réarmé
C'est le point où un ERP se distingue vraiment d'un chantier ordinaire. Un établissement équipé d'un système de sécurité incendie possède des détecteurs de fumée qui vont réagir à la première soudure. Pour éviter de déclencher l'alarme générale et l'évacuation, on isole la zone de détection concernée sur le tableau de signalisation. Jusque-là, c'est normal et nécessaire.
Le drame arrive après. L'entreprise part, l'exploitant ferme, et personne ne réarme la détection. L'établissement passe la nuit sans surveillance automatique, précisément après des travaux qui ont pu laisser un feu couvant. Deux règles à écrire noir sur blanc sur le permis :
- noter quelle zone de détection est neutralisée, à quelle heure, et par qui ;
- conditionner la clôture du permis au réarmement du SSI, une fois la surveillance post-travaux terminée.
Mesures de prévention propres à l'ERP
| Moment | Mesure concrète en ERP |
|---|---|
| Avant | Privilégier les horaires de fermeture. Si le public est présent, baliser et interdire physiquement la zone, garder toutes les sorties de secours libres et signalées, prévoir un cheminement d'évacuation alternatif. |
| Avant | Isoler la zone de détection du SSI, le consigner sur le permis. Dégager les combustibles : stocks d'emballages en magasin, graisses de cuisine en restaurant, textiles et mobilier. |
| Pendant | Un opérateur, une personne dédiée à la surveillance feu. Extincteurs adaptés à portée directe. Contrôle des bouteilles et détendeurs de chalumeau, stockées ventilées. |
| Après | Ronde immédiate puis à +30 min, +1 h, +2 h, avec contrôle des gaines et faux plafonds. Réarmement du SSI avant de quitter les lieux. Clôture écrite du permis. |
Exemple : rénovation de la cuisine d'un restaurant
Chantier type. Un restaurant (ERP type N) fait remplacer sa hotte et une partie du conduit d'extraction. L'installateur soude l'inox sur place. Voici ce que le permis de feu formalise :
- Donneur d'ordre : l'exploitant du restaurant (chef d'établissement), qui autorise, signale le passage du conduit dans un faux plafond bois et signe.
- Entreprise intervenante : l'installateur, opérateur au poste de soudure nommé, personne de surveillance nommée.
- Créneau : intervention le lundi, jour de fermeture, pas de public dans l'établissement.
- SSI : zone de détection de la cuisine isolée à 8 h, consignée, à réarmer en fin de surveillance.
- Avant : dépose des graisses accessibles, protection du faux plafond bois par écran, extincteurs eau pulvérisée + CO₂ en cuisine.
- Après : rondes tracées à la fin, +30 min, +1 h, +2 h, contrôle au-dessus du faux plafond. SSI réarmé à 15 h, clôture signée.
Ce déroulé tient sur une page. Le générer proprement, daté, avec les trois signatures, la ligne « SSI isolé / réarmé » et le tableau de rondes prêt à viser, prend cinq minutes.
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Créer mon permis de feu ERPQuestions fréquentes
Le permis de feu est-il obligatoire pour des travaux dans un ERP ?
Oui dès qu'il y a un point chaud (soudure, meulage, chalumeau) et une entreprise extérieure. L'article R.4512-6 du Code du travail impose un plan de prévention, l'arrêté du 19 mars 1993 range ces travaux parmi les travaux dangereux, et le règlement de sécurité ERP (arrêté du 25 juin 1980) impose à l'exploitant de maintenir la sécurité pendant les travaux. En pratique, l'assureur l'exige aussi.
Faut-il fermer l'établissement pendant les travaux par point chaud ?
Pas forcément, mais le public ne doit jamais se trouver dans la zone à risque, et les dégagements et sorties de secours doivent rester libres et signalés. Beaucoup d'exploitants planifient ces travaux hors des heures d'ouverture (nuit, jour de fermeture) pour cette raison, et c'est souvent le plus simple.
Que faire du système de sécurité incendie (SSI) pendant une soudure ?
La fumée et les poussières de meulage déclenchent les détecteurs. On isole la zone de détection concernée sur le tableau, on le note sur le permis, on le réarme dès la fin de la surveillance. L'oubli de réarmement est l'accident classique : un ERP laissé la nuit avec sa détection coupée après un départ de feu couvant.
Qui est responsable, l'exploitant de l'ERP ou l'entreprise qui intervient ?
Les deux, à des titres différents. L'exploitant (chef d'établissement) autorise, connaît le bâtiment, les stockages et l'implantation du public, et co-signe. L'entreprise intervenante rédige le permis, exécute et assure la surveillance. Sans la signature de l'exploitant, le permis ne vaut rien.
Un petit commerce de 5e catégorie est-il concerné ?
Oui. La catégorie ERP (1 à 5, selon l'effectif reçu) change les obligations de sécurité générales, pas le principe du permis de feu. Une boulangerie, un salon de coiffure ou une supérette de 5e catégorie qui fait souder une devanture ou un conduit reste dans le champ du plan de prévention et de l'arrêté du 19 mars 1993.
Autres situations et métiers : permis de feu plombier, permis de feu meuleuse, permis de feu de chantier, ou durée de validité d'un permis de feu.